Les Temps De La Vie
Les Temps De La Vie
La vie se conjugue dans tous les temps
Ceux du jour, ceux de bien longtemps
Ceux du lendemain, ceux de loin devant
Des temps auxquels des fois on s’attend
Le passé, le futur et le temps du présent
D’autres qui nous surprennent d’autant
Qu’ils sont de jamais vus de nos temps
Chaque temps se conjuque un sur ton
A suivre sans se poser trop de questions
Car qu’on veut bien l’admettre ou non
La vie lâche toujours ses vieux démons
Malgré qu’aucun de nous ne comprend
Nul ne sait le pourquoi ni le comment
Quant la vie est au passé simple
Elle n’a rien d’une affaire simple
Pour l’ensemble des gens humbles
Quand elle est au passé composé
Elle se conjuque juste à l’opposé
De ce qu’on espère avoir disposé
Quand la vie se met à l’imparfait
Sans passer par le plus-que-parfait
Le monde n’a plus rien de parfait
Le rêve de jours meilleurs se défait
Quand elle est au temps antérieur
Le passé n’est plus rien que leurre
Le futur n’a plus rien de sa lueur
Quand la vie est au temps présent
Là où le besoin d’elle est pressant
Elle est hélas aux abonnés absents
Quand elle se met au temps futur
Le temps de la grande déconfiture
D’un devenir aux teints obscurs
Quand la vie tend vers l’infinitif
L’homme devient cet être primitif
Aux lit des pêchés capitaux natif
Quand elle se met à l’impératif
Ou bien au temps du subjonctif
C’est pour parfaire son objectif
De nous mettre les nerfs à vif
Quand la vie se met au participe
La magie de l’illusion se dissipe
Le temps de notre fin se précipite
Quand elle est qu conditionnel
L’être est une dépouille mortelle
Jetée dans un vieux sac-poubelle
La vie nous joue de sacrés tours
Elle le fait si bien depuis toujours
Souvent elle nous prend de si court
Renfermant tous les issus de secours
A fin d’exclure tous possible recours
Mais malgré son éphémère séjours
La vie vaut bel et bien le détour
La vie aime bien mener la danse
Sans laisser la moindre chance
Elle adore nous mettre en transe
Sans vouloir donner de réponses
Elle choisit d’accélérer la cadence
Au lieu d’abréger nos souffrances
Elle s’amuse à pencher la balance
Pour montrer toute sa puissance
Et se jouer de notre impuissance
La vie n’est pas celle qu’on pense
Car il y a une énorme différence
Entre croire à ce qu’on annonce
Et percevoir tout ce qui s’avance
Hamid Hafidi