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Lundi 28 juin 2004

Les Temps De La Vie

Les Temps De La Vie

 

La vie se conjugue dans tous les temps

Ceux du jour, ceux de bien longtemps

Ceux du lendemain, ceux de loin devant

Des temps auxquels des fois on s’attend

Le passé, le futur et le temps du présent

D’autres qui nous surprennent d’autant

Qu’ils sont de jamais vus de nos temps

Chaque temps se conjuque un sur ton

A suivre sans se poser trop de questions

Car qu’on veut bien l’admettre ou non

La vie lâche toujours ses vieux démons

Malgré qu’aucun de nous ne comprend

Nul ne sait le pourquoi ni le comment

 

Quant la vie est au passé simple

Elle n’a rien d’une affaire simple

Pour l’ensemble des gens humbles

Quand elle est au passé composé

Elle se conjuque juste à l’opposé

De ce qu’on espère avoir disposé

Quand la vie se met à l’imparfait

Sans passer par le plus-que-parfait

Le monde n’a plus rien de parfait

Le rêve de jours meilleurs se défait

Quand elle est au temps antérieur

Le passé n’est plus rien que leurre

Le futur n’a plus rien de sa lueur

 

Quand la vie est au temps présent

Là où le besoin d’elle est pressant

Elle est hélas aux abonnés absents

Quand elle se met au temps futur

Le temps de la grande déconfiture

D’un devenir aux teints obscurs

Quand la vie tend vers l’infinitif

L’homme devient cet être primitif

Aux lit des pêchés capitaux natif

Quand elle se met à l’impératif

Ou bien au temps du subjonctif

C’est pour parfaire son objectif

De nous mettre les nerfs à vif

 

Quand la vie se met au participe

La magie de l’illusion se dissipe

Le temps de notre fin se précipite

Quand elle est qu conditionnel

L’être est une dépouille mortelle

Jetée dans un vieux sac-poubelle

La vie nous joue de sacrés tours

Elle le fait si bien depuis toujours

Souvent elle nous prend de si court

Renfermant tous les issus de secours

A fin d’exclure tous possible recours

Mais malgré son éphémère séjours

La vie vaut bel et bien le détour

 

La vie aime bien mener la danse

Sans laisser la moindre chance

Elle adore nous mettre en transe

Sans vouloir donner de réponses

Elle choisit d’accélérer la cadence

Au lieu d’abréger nos souffrances

Elle s’amuse à pencher la balance

Pour montrer toute sa puissance

Et se jouer de notre impuissance

La vie n’est pas celle qu’on pense

Car il y a une énorme différence

Entre croire à ce qu’on annonce

Et percevoir tout ce qui s’avance

 

             Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-28 13:04:20
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Mercredi 23 juin 2004

La Cité Interdite

La Cité Interdite

 

Quand je prononce ton nom Bruxelles
Comme tes gentils wallons t'appellent
C'est que, une partie de moi tu recèles
Entre mon petit appartement et l'hôtel
C'est clair entre toi et moi Bruxelles
C'est l'histoire de la bête et la belle
Scellée à jamais par un destin cruel
C'est la saga de mille et une étoiles
D'où tu jaillis une filante étincelle
C'est la voix vibrante de Jacques Brel
Au chant mélancolique des hirondelles

Quand je murmure ton nom Brussel
Comme tes chers flamands t'épèlent
C'est que, tout en toi m'interpele
Tu étais ma première lune de miel
Le nid d'amour de mes querelles
Tu étais mon dernier cadeau de Noël
L'astre qui illumine mon ciel
Tu étais loin à se faire la belle
Et moi perdu jouant le fou rebelle
Dans un flagrant inéquitable duel
Où hélas tu manquais à l'appel

Toutes ces années à vivre en toi
Sans vouloir vraiment de moi
Le jour j'étais caché dans tes bois
La nuit j'étais pris dans tes bras
Des années à être aux abois
Sans que je perds en toi ma foi
Des années de chance et d'émoi
Sans que je retrouve toute ma joie
Des années à suivre ta voix
Portant tout seul ma croix
Sans jamais avoir le choix

 

                              Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:20:40
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Mercredi 23 juin 2004

Appel à témoins

Appel à témoins

 

Mes très aimables gentils gens
Puis-je avoir votre attention?
Veuillez m'écouter pour de bon
Je n'en ai pas pour longtemps

Dans ma vie de tout moment
Des combats à chaque instant
Que je mène sur tous les fronts
Déjà étant un petit enfant
Je me prenais pour un grand
Et le jour devenu adolescent
Je m'en souciais pour autant
Et à la fleur de mes vingt ans
J'avais l'air d'avoir cent ans
Et puis dans quelque temps
Je serais hélas hors des temps
Je vous le dis très franchement
Je vous le dis tout sincèrement
Je ne peux vivre tout le temps
Ni même demeurer longtemps
Mes très aimables gentils gens
Puis-je avoir votre attention?
Veuillez m'écouter pour de bon
Je n'en ai pas pour longtemps

Ma vie est un calvaire émouvant
Un vrai parcours du combattant
Etrange tragi-comique feuilleton
Rédigé dans les larmes du sang
Souvent je me suis cassé les dents
En voulant trop vite sortir du clan
Oubliant n'être qu'un simple pion
Dans un monstrueux choc des titans
Un duel où je réponds présent
A ma propre prière de l'absent
Un rituel où on m'enterre vivant
L'âme et le corps agonisants
Tel un martyre d'un autre temps
Sacrifié sur le bûché brûlant
Crucifié sur la croix en moribond

Mes très aimables gentils gens
Puis-je avoir votre attention?
Veuillez m'écouter pour de bon
Je n'en ai pas pour longtemps

Affrontant un destin nonchalant
Me voilà tout seul maintenant
Condamné à errer dans le néant
Hanté par mes vieux démons
L'ultime étape de mon châtiment
Pour avoir soulever mes soupçons
Et m'être posé trop de questions
Pour avoir un jour hausser le ton
Brisant un tabou et un serment
Pour avoir été un dure opposant
Fier, farouche, obstiné et fervent
Pour avoir eu cette détermination
De changer le monde pour de bon
Pour avoir oser tout simplement
Leur crier au visage: non et non

Mes très aimables gentils gens
Puis-je avoir votre attention?
Veuillez m’écouter pour de bon
Je n'en ai pas pour longtemps

Il est vrai de dire qu'être tout bon
N'est rien d'autre qu'être tout con
A quoi sert d'être un paisible pigeon
Dans un monde sauvage de faucons
Comment survivre en petit poisson
Nageant aux fins fonds de l’océan
J'aimerais cracher en furieux dragon
Les feux de ma colère sur les tyrans
Des flammes à la rage d'un ouragan
Malgré tout ça je m'en sors gagnant
De la dure épreuve du feu et du sang
Aujourd'hui je deviens un revenant
Venu du royaume des morts-vivants
Dont je suis l’unique survivant
Le dernier guerrier des Mohicans

A vous mes aimables gentils gens
Merci pour toute votre attention
Me voilà enfin parti pour de bon
J'espère que ça n’était pas long

                        Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:19:37
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Mercredi 23 juin 2004

Dents de galère versus dents de mer

Dents de galère versus dents de mer

 

Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

Passés déjà trente ans
Et plus rien comme dents
Sauf celles contre le temps
Que j'ai passé en dormant
Sur le toit d'un volcan
Dans son lit de néant
A jouer le fidèle amant
La belle au bois dormant
Dans ses bras de géant
Ebloui par ses néons
Comme un petit enfant
Un môme de trente ans
Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

Passés déjà trente ans
Et plus rien de bon
A me mettre sous la dent
Pour affronter les vents
Et ces sales rudes temps
Qui courent depuis longtemps
Depuis que j'étais enfant
Insoucieux et inconscient
Un gamin pleurnichant
Dans les jupes de maman
Un gentil, paisible garçon
Naïf, rêveur et innocent

Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

Passés déjà trente ans
A me casser les dents
Sur le mur des lamentations
Sur le rocher des déceptions
Sur les vagues des dérisions
A l'île des grandes illusions
Jouant mes propres contorsions
Au triste cirque des confusions
Perdu dans l'immense océan
Seul contre marrées et vents
Naufragé dans le tourbillon
Du chagrin et des frustrations

Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

Passés déjà trente ans
Et encore toutes mes dents
Contre tout ce futile temps
Que j'ai passé en volant
Sans jamais prendre le volant
Prétendant être le commandant
D'un prédestiné avion
Téléquidé sans que je le sens
Bien trop tard le comprenant
Je viens au bal en dansant
Un invité au dîner des cons

Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

Passés déjà trente ans
Et tous ces maux de dents
Qui me déchirent dedans
Et me vident de mon sang
Je n'ai plus de calmants
Contre mes regrets d'antan
Je n'ai plus de potions
Pour redevenir un champion
Je n'ai plus de plans
Pour aller vers l'avant
Il n'y a plus de pont
Pour me sauver maintenant

Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

Passés déjà trente ans
A perdre toutes mes dents
Pour chaque an, une dent
Pour chaque dent, un an
Et plus rien maintenant
Plus rien comme don
Sauf mes derniers ans
Qui me restent de ce temps
Et encore deux dents
Une je jette à Satan
Une je donne au Géant
Pour me délivrer des démons

Les dents de la galère
Se cachent sans sourire
Les dents de la mer
Se montrent pour punir

                        Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:17:52
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Mercredi 23 juin 2004

Le Cœur Bat au Nord

Le Cœur Bat au Nord

 

 

Moi l'autre jour je me suis dis
Franchement qu'est ce que je fous ici?
Je passe une insignifiante vie
A glander aux quatre coins des rues
D'un café à l'autre de ma triste cité
Noyant mes journées dans mes soucis
Avec mes potes génération étourdie
Tous kif-kif shootés à la tsé-tsé

Le voisin tout bon dernier de la classe
Un jour est parti en Europe à la chasse
Vite fait bien fait il a réussit la passe
Maintenant il est dans le grand business
Et en un an il a ramené la grosse caisse
Les copains disent c'est une Mercedes
Une superbe black cabriolet classe S
Une bagnole à tourner la tête aux gonzesses
De quoi laisser les mecs les yeux perplexes
Moi pour tout dire tellement je me presse
De quitter ce paumé bled bon pour la casse
J'ai hâte de faire partie de la grande messe
Celle du club très fermé de la high classe
De ceux à la recherche des grands espaces
Qui aux pays des merveilles se font de la place
Des types qui voyagent en avion first classe
Loin de la misère du quartier et de ses crasses
Des horreurs du quotidien et de ses impasses
Des regards qui au jour le jour te pourchassent
De la maison, au café jusqu'à la grande place
Des questions qui à la longueur t'agacent
Te martèlent te parcellent t'embarrassent

Moi l'autre jour je me suis dis
Franchement qu'est ce que je fous ici?
Je passe une insignifiante vie
A glander aux quatre coins des rues
D'un café à l'autre de ma triste cité
Noyant mes journées dans mes soucis
Avec mes potes génération étourdie
Tous kif-kif shootés à la tsé-tsé

 

Chaque jour je dis il faut que je le fasse
J'ai le courage qu'il le faut et j'ai l'audace
Je pars ni vu ni connu sans laisser de trace
A la conquête de ce continent qui me tracasse
Là où je me tape le fric des billets en liasse
De l'argent béni qui coule à flot sans cesse
Et les gonzesses qui à la pelle se ramassent
De coquettes bombettes à la beauté qui fracasse
Chouettes tels des petits pains qui s'arrachent
Partir vers ma terre promise et ma paroisse
Est mon unique chance de me sauver la face
Et s'il le faut je traverse la mer à la brasse
Tout seul dans un duel de face-à-face
Je la joue quitte ou double pile ou face
Ça sera mon jour de gloire si ça passe
Une fois pour toute je sors de la masse
Mon triste sort derrière moi s'efface
Et un rayonnant avenir prend surface
Mais si comme d'habitude j'ai la poisse
Comme c'est le cas pour ceux de ma race
Et qu'une fois de plus j'échoue et ça casse
Ca sera du coup le final coup de grâce

Moi l'autre jour je me suis dis
Franchement qu'est ce que je fous ici?
Je passe une insignifiante vie
A glander aux quatre coins des rues
D'un café à l'autre de ma triste cité
Noyant mes journées dans mes soucis
Avec mes potes génération étourdie
Tous kif-kif shootés à la tsé-tsé

                           Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:15:13
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Mercredi 23 juin 2004

L'appel de la couette

L'appel de la Couette

 

Je vais en charrette
Défier la tempête
Les garçons en jupette
Les filles en salopette

Je me mets un survêt
Un tee-shirt et une jaquette
Je me file des chaussettes
Et mes Nike baskets
Sans oublier ma casquette
Et mes Ray Ban lunettes
Parti sur une trottinette
Je tire la sonnette
En fanfare et trompette
Autour du cou une amulette
Entre les dents une baïonnette
Dans la main une machette
Sur l'épaule une mitraillette
Le doigt sur la gâchette
Les yeux derrière la tête
Entrain de faire le guet
A la traque du moindre geste

Je vais en charrette
Défier la tempête
Les garçons en jupette
Les filles en salopette

Je tiens le rôle vedette
De la saga des grosses têtes
Un personnage très chouette
Dans une ambiance de fête
Entouré de belles starlettes
Pulpeuses sublimes coquettes
Savoureuses jolies bombettes
Je joue d'une manière parfaite
Des numéros de toutes sortes
Un vendeur à la sauvette
De petits rêves en cannette
Un danseur de claquettes
Sur des patins à roulettes 
Une troupe de majorettes

Sur une scène de marionnettes
Ca fait rire toute la planète
Qui se mène à la baguette

Je vais en charrette
Défier la tempête
Les garçons en jupette
Les filles en salopette

Je prends de ma pochette
Une boîte d'allumettes
Pour griller une cigarette
Que je fume en cachette
J'entends des tirs à la roquette
Et les cris perçants d'une alouette
Le chant des cygnes qui se répète
Et le triste refrain d'une clochette

J'entraperçois la silhouette
De la pauvre petite bête
Sans jouer à la devinette
Je comprends ce qui se prête
Le loup dressé sur ses pattes
Entrain de lui faire sa fête
Pour la mettre en brochette
Le berger parti en brouette
Sans même demander son reste

Je vais en charrette
Défier la tempête
Les garçons en jupette
Les filles en salopette

             Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:13:16
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Mercredi 23 juin 2004

A tort & à raison

 

A Tort & à Raison

 

La rumeur se propage
Dans tous les étages

A la une des pages

Un vol à l'étalage


Je suis en déphasage

En normes de voltage

Je suis en décalage

Sur le temps de passage

Un avion en décollage

Sans piste d'atterrissage

Une fusée en arrimage

Sans robot de guidage

Un discours en dérapage

Sur les pratiques d'usage

Un médiatique tapage

Contre le prêt à usage

Un guerrier en camouflage

Dans une jungle sauvage

Un garde-côte en repérage

D'un navire en naufrage

Un rebelle d'un autre âge

Contre la planète des sages

Une rivière sans rivages

D'une colère en breuvage

Un boueux marécage

D'une révolte en brassage

Un épineux pâturage

D'un amer goût de rage

Un calme qui présage

Un houleux orage


La rumeur se propage

Dans tous les étages

A la une des pages

Un vol à l'étalage


Retranché dans mon ermitage

Je profite de cet avantage

Pour régner sans partage

Sur un encombrant héritage

Je gagne sans ballottage

Contre tous les sondages

Je saute tous les barrages

Pour achever mon ouvrage

Je provoque des ravages

En se jouant des rouages

Je parle en codage

Mon propre langage

J'écris en cryptage

Un furieux message

Je pars sans bagages

Pour le long voyage

Je prends le grand large

Loin du calme de la plage

La tête dans les nuages

Ma foi en éclairage

Je rassemble mon courage

Pour affronter l'orage

Abandonné en naufrage

Je traverse à la nage

Condamné pour outrage

Je reviens à la charge


La rumeur se propage

Dans tous les étages

A la une des pages

Un vol à l'étalage


On me rentre dans le garage

Pour me faire du rodage

Un foyer troisième âge

La mécanique en graissage

Un décor sans paysage

Le système en sabotage

Un ordinateur en dépistage

Le disque dur en formatage

Un immense désert sauvage

La personnalité en décodage

Une cabine de pilotage

La mémoire en piratage

Une station de nettoyage

Le cerveau en lavage

Une clinique de sevrage

La fierté en détartrage

Une prison de servage

La conscience en quadrillage

Un centre de dressage

La liberté en esclavage

Des cours de rattrapage

Les idées en modelage

Un hold-up dans les parages

Les pensées en braquage

Une opération prise d'otages

La morale en chantage


La rumeur se propage

Dans tous les étages

A la une des pages

Un vol à l'étalage


Après le remue-ménage

Je me change de visage

En prenant un virage

Du côté du monde sage

Je me signe la décharge

Pour être pris en charge

Je rentre dans le sillage

D'un dévastant engrenage

Une spirale qui me ravage

D'où jamais je me dégage

J'affiche en étiquetage

L'allégeance en tatouage

L'égoïsme en recharge

L'altruisme en décharge

L'affairisme en mariage

Le dévouement à la marge

Mon esprit dans la cage

Mon âme à la décharge

Je deviens le sarcophage

D'une momie qu'on saccage

Un mausolée en pillage

D'un corps en lynchage

Je suis un tueur à gage

D'une proie de passage

Un prophète sans message

Le silence est mon adage


La rumeur se propage

Dans tous les étages

A la une des pages

Un vol à l'étalage


                  Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:12:11
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Mercredi 23 juin 2004

Le Shérif De La Planète Ronde

Le Shérif De La Planète Ronde

 

J'ai tiré sur le shérif
Après qu'il m'a tiré dessus
Je deviens un fugitif
Le message est bien reçu

En Rombo sur son cheval de Troie
Le Cow-boy du Far West s'octroie
Sur la vie et la mort un droit
Du haut de sa tour d'ivoire se voit
Au-dessus du lot et de la loi
Un sauveur, un saint, un roi
Dieu, le Pape et leur ayant droit
Le nouveau maître des lieux se croit
Etre le nombril du monde et son toit
Un monde qu'il mène sur sa propre voix
Comme cela vraiment se doit
telle une bague autour de son doigt
Le seigneur des agneaux assoit
Un nouvel ordre qu'il conçoit
Une prédominance qu'il accroît
Un trône sur lequel il s'assoit
Cow-boy et shérif à la fois
Il fait entendre sa voix
Un chapeau, une étoile, une croix
A la chasse des hors-la-loi
Cow-boy et chasseur de proies
Il impose de force sa loi
Sans laisser le moindre choix
Cow-boy et juge de surcroît
L'argent et le pouvoir sa foi
La règle du plus fort sa loi

J'ai tiré sur le shérif
Après qu'il m'a tiré dessus
Je deviens un fugitif
Le message est bien reçu

En Batman sur son oiseau de fer
Le Cow-boy du Far West déclare la guerre
A ceux qui défient sa bannière
Il leur promet sur cette terre
De rendre leur vie une galère
Une chasse à l'homme et aux sorcières
Un voyage au bout de l'enfer
Un vol en classe meurtrière
Sur un avion de l'armée de l'air
Un aller simple de l'American Air
Un retour au ventre du cimetière
Et pour le reste des locataires
De la moitié infime de la sphère
Des cours au goût amer
En politiques budgétaires
Dans un plateau austère
Sauce Fonds Monétaire
Le shérif se moque des critères
Des droits des prisonniers de guerre
Malgré qu'il soit bien signataire
Des conventions humanitaires
Et des traités communautaires
Le monde n'a qu'à se taire
Sur ses pratiques sanguinaires
Le monde n'a qu'à plaire
A la grande dame de fer

J'ai tiré sur le shérif
Après qu'il m'a tiré dessus
Je deviens un fugitif
Le message est bien reçu

En Rodéo sur sa vache à la rage
Le Cow-boy du Far West fait des ravages
A la planète bleue et son entourage
A la nature innocente et son paysage
Et pour augmenter ses émissions de gazes
Il jette le traité de Kyoto dans la cave
Pour les écologistes mêmes si c'est grave
La terre est de toute façon son esclave
L’Uncle SAM devient fou de rage
Qu'on lui saute soudain à la gorge
En lui volant ses oiseaux de la cage
Et en prenant ses jumelles en otage
Il voit dans tous les coins un kamikaze
Caché quelque part dans les parages
Et en chaque arabe de tout âge
Un barbare terroriste sauvage
Il entreprend un projet en cascade
De Damas, Karachi et Jallalabad
De Téhéran en repassant par Bagdad
Une guerre sainte du temps des croisades
Une destruction massive, un carambolage
Un bain de sang et un abominable carnage
Des frappes chirurgicales et c'est dommage
Si leur précision est trop en dérapage
Car le shérif n'a jamais était un sage
Ni un adepte de l'art du cadrage

J'ai tiré sur le shérif
Après qu'il m'a tiré dessus
Je deviens un fugitif
Le message est bien reçu

                      Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:11:11
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Mercredi 23 juin 2004

LE BOSSU DE NOTRE TEMPS

LE BOSSU DE NOTRE TEMPS

 

Je sonne la cloche
Du temple de ma vie
Annonçant l'approche
De la fin d'une série
La genèse d'une roche
Son éclat en débris

Je suis venu dans ce monde
Inaperçu sans encombre
Ils disent la terre est ronde
Pourtant elle a l'air sombre
Dans ma tête elle gronde
J'ai du mal à la comprendre
Sous mes pieds elle tremble
Et s'affaisse en décombres
La nuit je rêve des blondes
Le jour je vis à l'ombre
Des blondes belles et grandes
Pour un cœur à prendre
Des blondes aux fesses rondes
Pour un corps à vendre
Mes blondes sont une corde
Pour un mort à pendre
Mes belles sont une bombe
Qui me dissémine en cendres
Ma terre est une tombe
Pour une âme à rendre
La sphère d'hécatombe
Où crucifié je m'effondre

Je sonne la cloche
Du temple de ma vie
Annonçant l'approche
De la fin d'une série
La genèse d'une roche
Son éclat en débris

Je suis le grand bonhomme
De l'odieuse des dames
Comme un petit môme
Je croque la pomme
Qu'elle m'offre en aumône
Dans l'œil du cyclone
Je tourne je tourbillonne
Mes cris résonnent
Mon heure sonne
Le destin me transforme
Je deviens le méchant homme
De la gentille femme
Je me promène en fantôme
Dans mes cupides fantasmes
Je suis le coupable la victime
La scène et l'arme du crime
Les jurés me condamnent
A périr dans les flammes
Et moi le bossu je m'affame
A la recherche du sésame
De la porte de Notre Dame
Pour sabler mon champagne

Je sonne la cloche
Du temple de ma vie
Annonçant l'approche
De la fin d'une série
La genèse d'une roche
Son éclat en débris

Je suis la tumeur bénigne
D'une maladie maligne
Je guéris quand j'assassine
J'achève quand je réanime
Avec amour sans rancune
Je me dédie je me résigne
A la folie sans estime
Je me soûle à l'adrénaline
Je passe à la guillotine
Mon innocence enfantine
Je cache ma Mazarine
Au fond d'une mezzanine
Je me taille en costume
La soutane de Raspoutine
Je suis un poulet à la dioxine
Qu'on roule dans la farine
Ceux d'en bas se piétinent
Se martèlent et se laminent
Ceux d'en haut les exterminent
A la manière de Staline
C'est tout ce qui fascine
Ce monde sans racines

Je sonne la cloche
Du temple de ma vie
Annonçant l'approche
De la fin d'une série
La genèse d'une roche
Son éclat en débris

                   Hamid Hafidi

 


Nemesis | 1 commentaire | 2004-06-23 19:09:25
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Mercredi 23 juin 2004

La Mémoire De L'Oubli

La Mémoire De L'Oubli

 

Dans mon jardin secret
A l'arrière plan de ma vie
Je cultive mes vieux regrets
Et les rêves qu'on m'a pris
Les souvenirs que j'ai semés
Aux quatre coins s'éparpillent
Le long de ma traversée
Me reviennent à l'esprit
Je les cueille sans arrêt
Aux frontières de l'oubli
Je les garde à jamais
Au fin fond d'un puits

Dans mon jardin j'ai planté
Mes espoirs et mes fantaisies
Je les arrose jusqu'à l'excès
Espérant qu’un jour ça fleurit
Je les attends sans succès
Pour leur mémoire je prie
Sur une parcelle mes idées
Contre cet ordre préétablit
Comment sauver l'humanité
Et créer un monde en utopie
Dans un coin mes pêchés
Qui me hantent chaque nuit
Me rappellent mon passé
Et l'insoucieux que je suis
Dans un autre ces pensées
Qui me coupent l'appétit
M'interpellent de si près
Sur tout le mal qui sévit

Sur une surface s'étendait
Ce cimetière j'ai construit
Pour mon enfance enterrée
Depuis que j'étais tout petit
Pour mon adolescence volée
Avant même que je grandis
Pour ma jeunesse déchirée
En mile morceaux et débris
Pour ma carrière sacrifiée
Et mes plaisirs interdits
Pour ma dignité brisée
Sur le rocher du mépris
Pour mon honneur bradé
Sur les tables des paris
Pour toute une vie gâchée
El l'homme en moi détruit
Le tout est parti en fumée
Sans même faire de bruit

Mon jardin est le livre sacré
De mes prières et psalmodies
Un magique miroir sculpté
Qui m'ôte tous mes habits
Un émouvant conte de fée
Tiré des mile et une nuits
des images qui font illustrer
Des histoires et des récits
L'arbre qui cache ma forêt
L'écho qui renvoie mes cris
L'épée qui remue mes plaies
L'étendu ciel d'un sans abri
Là où mes démons déchaînés
S'adonnent à toutes les folies
Entre l'enfer où ils régnaient
Après avoir longtemps servis
Et à ce quoi ils aspiraient
Finir un jour au paradis
Pour retrouver enfin une paix
Qui m'échappe encore depuis
Que l'amour me manquait
Pour pouvoir faire mon nid
Que la chance me boudait
Pour savoir relever le défi
Qu'un bonheur hors de portée
Encore et toujours me fuit

Je vole vers l'éternité
De mon jardin maudit
A l'étendue de sa portée
Je suis un ange bénit
Un fantôme embarqué
Sur un volant tapis
Un aventurier débarqué
A la quête de la magie
Un solitaire guerrier
A la guette de l'ennemi
Un pirate à l'attrait
D'un trésor enseveli
Un papillon enflammé
De la lumière éblouit
Un phœnix qui renaît
Des cendres de l'ennui
Un narrateur qui récitait
Sa propre biographie

Je détiens seul la clef
De mon jardin inouï
Là où se font alterner
Le beau temps et la pluie
Je garde la porte d'entrée
A son univers inédit
Où je m'amuse à errer
Sans se faire de soucis
Car je connais le code d'accès
A ses sentiers infinis
Où je peux me faufiler
Tel un visiteur de minuit

              Hamid Hafidi


Nemesis | Ajouter un commentaire | 2004-06-23 19:08:18
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Mercredi 23 juin 2004

Raisons & Sentiments

Raisons & Sentiments

 

 Je suis un roi sans couronne
La nuit est mon royaume
Je me suis rendu célèbre
A l'empire des ténèbres

Dans l'univers des dictateurs
Je règne en rebelle serviteur
Avec ma vie de cascadeur
Que je mène dans la douleur
Je suis le prince des voleurs
Le saint Pape sans pudeur
L'enclave perdue d'un seigneur
La gloire révolue d'un empereur
Je vis dans le bonheur
D'un monde en malheur
Avec ses fausses valeurs
Son hérésie et ses frayeurs
Je roule à la vapeur
Un train sans moteur
Qui annonce les couleurs
D'une soirée en fureur
Je vois en stupeur
Le fruit de mon labeur
Que je gagne à la faveur
De perdre en grandeur
Je cherche l'âme sœur
Aux battements de mon cœur
Au sang de ma sueur
Et à mes sautes d'humeur

Je suis un roi sans couronne
La nuit est mon royaume
Je me suis rendu célèbre
A l'empire des ténèbres

Je débarque dans le port
A la rencontre de mon sort
Je me prétends à tort
Être le plus fort
Mon cœur en accord
Mon corps en désaccord
Dans un silence de mort
Je danse sur les accords
De ma partition insonore
Que je joue encore et encore
D'une voix de ténor
Je le crie haut et fort
Je ne suis qu'un porc
Paisible herbivore
Contre un alligator
Féroce carnivore
Un combat corps à corps
Dans un sanglant décor
Un spectacle trop gore
D'où perdant je m'en sors
Une scène de mise à mort
Avec ma vie qui s'endort
Emportée par le croque-mort
Dans un cercueil incolore

Je suis un roi sans couronne
La nuit est mon royaume
Je me suis rendu célèbre
A l'empire des ténèbres

Je joue l'acteur
D'un film d'horreur
Qui commence en douceur
Et sombre dans la terreur
Je sens la puanteur
D'un parfum sans odeur
Je déguste la froideur
D'un plat sans saveur
Je goûte à la peur
D'une forte aigreur
Je coupe la fleur
Que demain je pleure
Je cueille le leurre
D'un pain sans beurre
Je passe mon heure
A la quête du bonheur
Je pense être à l'heure
Quand je rate mon heure
Je perds mon honneur
A la bourse des valeurs
Je vends mon cœur
Au marché des flatteurs
Je ne suis qu'un beur
Aux pays des leurs

Je suis un roi sans couronne
La nuit est mon royaume
Je me suis rendu célèbre
A l'empire des ténèbres

Je vis en sursis
Une vie en soucis
Je me suis rétréci
A la misère du mépris
Je dépends de la merci
De l'humeur de mon psy
Je suis un corps en vie
D'une âme sans esprit
Un cadavre en autopsie
Venu d'une autre galaxie
Un réglage bien précis
Sur le rythme de l'ennui
Un chauffeur de taxi
D'une auto sans châssis
Un pigeon bien farci
Sur un plat mal servi
Une histoire sans récit
D'un gourou en euphorie
Un massacre en asphyxie
D'un bourreau endurci
Un curieux paysage enseveli
Sous les décombres de l'oubli
Je suis ce que je suis
Un bûcheron un arbre une scie

Je suis un roi sans couronne
La nuit est mon royaume
Je me suis rendu célèbre
A l'empire des ténèbres

                     Hamid Hafidi


Nemesis | 2 commentaires | 2004-06-23 19:02:56
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Grafitti sur le mur de la vie